Beauté féminine dans l'Art Toscan
Conférence de Jean KOKELBERG
Lundi 10 mars 2025 à 14h30
Jean Kokelberg, professeur de rhétorique retraité, vivant cinq mois par an en Toscane. Lauréat du Mot d’Or en 1999 (Paris, Ministère de l’Economie).
Dans le cadre de « La Journée de la Femme »
Dans un musée florentin, on la découvre : elle est là sur la toile.
Un léger voile de tristesse aux paupières, elle incline la tête en protégeant son jeune enfant. Par dévotion peut-être, un artiste a répandu la lumière divine dans le visage de notre mère céleste. La Madone existe pour nous et notre extase n’aura pas de fin. Mille et un pinceaux la célébreront, n’auront plus d’yeux que pour elle, alors même que s’essouffle en Occident la flambée théocentrique d’antan. Dans les années fastes de la Renaissance toscane, sa figure idéale demeure. Malgré les saintes rivales, Cécile, Anne et Catherine, qui elles aussi séduisent et protègent. Mais l’air du temps a choisi d’infléchir les traits parfois trop éthérés de ces personnages sacrés, de redynamiser leur apparence, de la rendre plus humaine. Les créatures auréolées entament désormais leur terrestre parcours : elles prendront le délicieux visage de la femme aimée, de la compagne du peintre, de ses rêves inassouvis. La Madone - vierge souveraine - s’est muée peu à peu en madone. On ne la rencontre plus seulement dans les églises, elle apparaît dans les palais et dans les villes, elle respire l’air pur des campagnes.
Fresque, toile ou statue, elle est devenue le sujet de prédilection des plus grands artistes toscans. Tant il est vrai qu’on ne parle avec amour que de ces êtres dont la grâce nous a fascinés pour l’éternité.
Entrée : 3 euros (membres) - 5 euros (non membres)