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L'histoire de Huy est millénaire. Sa réputation, elle l'a basée sur son savoir-faire artisanal d'abord, industriel et commercial ensuite.
Fière de son passé et consciente de son présent, elle organise son avenir. Huy figure au nombre des plus anciennes villes du pays.
La bourgade primitive, à l'époque romaine certainement, se développa
autour du " Castrum " de la rive droite. Dès le IIe siècle, au pied du rocher, Saint Materne aurait dédié à la Vierge un sanctuaire, ancêtre de notre Collégiale.
Avant l'an mil, l'histoire de Huy est
assez peu connue. Seuls quelques documents jettent un peu de lumière sur cette période demeurée obscure de la vie de notre cité.
Mention en est faite, pour la première fois, en 636 dans un testament.
Saint Domitien, évêque de Tongres, évangélisa la cité mosane dès le VIe siècle et les Hutois le choisirent comme premier patron de leur ville. Cet effort de conversion fit surgir deux églises : une dédiée à Notre-Dame
en 634 et une à Saint Côme.
Marché régional et étape de battellerie, Huy offre l'image d'une cellule économique de taille réduite, mais très active, qui caractérise l'époque mérovingienne. L'existence d'un
atelier monétaire très productif et la présence sur les coteaux voisins de vignobles prospères suffisent à attester les développements qu'avait pris, au VIIe siècle, l'agglomération née au confluent de la Meuse et du
Hoyoux. La quartier Batta accueille alors les premières industries : fonderies de bronze, tailleurs de corne, d'os et potiers.
Dans la nouvelle géographie administrative que l'empereur germanique Otton Ier met
sur pied, Huy devient le siège d'un comté en 941, qui n'eut cependant qu'une existence éphémère, son dernier titulaire, Ansfried, s'en dessaisissant au profit de l'église de Liège en 985. Huy suivit dès lors les
destinées de la Principauté de Liège, dont elle devint la seconde " bonne ville ".
Le climat commercial décelé deux siècles plus tôt alla en s'amplifiant. La prospérité urbaine, marquée par l'extension
des zones d'habitat, donna bientôt aux marchands de la cité une conscience collective de leurs droits. Sur les bords du Hoyoux plus particulièrement, nombreux étaient les tanneurs, foulons, chaudronniers, menuisiers… Le
métier le plus puissant fut celui des fèbvres. La métallurgie hutoise remonte indiscutablement fort loin dans le passé et, favorisés par le Hoyoux propice à l'établissement de roues hydrauliques, les forges et fourneaux
connurent à Huy, dès le Moyen Age, un âge d'or sans précédent. La batterie de cuivre, industrie florissante dans la cité hutoise, fut exportée dans toute l'Europe dès le XIe siècle. Citons d'illustres artistes : Renier
de Huy (fonts baptismaux Saint Barthélemy à Liège) et Godefroid de Claire (châsses de Saint Mengold et Saint Domitien à la collégiale de Huy).
Précurseur dans la vie commerciale, Huy le fut également en politique.
En 1066, l'évêque Théoduin de Bavière, en échange de la moitié de leurs biens meubles pour financer la reconstruction de la collégiale Notre-Dame, accorda aux hutois une charte de libertés, première du genre en
Europe occidentale.
Sur le plan religieux, la première croisade (1096-1099) amène sur nos terres le célèbre prédicateur Pierre l'Ermite, parti haranguer les foules et fondateur, d'après la légende, de l'abbaye du
Neufmoustier, tandis qu'en " Clair Lieu " se crée le couvent qui deviendra la maison-mère de l'ordre des Croisiers.
La draperie constitue le moteur économique des XIIIe et XIVe siècles. La découverte de
monnaies hutoises en Russie et en Scandinavie témoigne de l'importante commerciale de la ville de Huy à cette époque.
Le château devient une puissante forteresse, servant de retraite aux princes liégeois en
conflit avec leurs sujets. Il fut considérablement agrandi, aménagé, bardé de tours et de murailles supplémentaires, mais aussi embelli et enrichi de diverses salles.
Huy devint alors une ville de plaisirs et vit
se déployer dans toutes leurs splendeurs le faste et l'opulence de la cour de Bourgogne. C'est de ce XVe siècle que date également le choix symbolique du château comme emblème de la ville.
Mais la brillante
destinée que connut Huy jusqu'alors se ternit peu à peu : Huy devient victime de sa position stratégique. La forteresse dut subir de nombreux sièges (douze en trente ans) et incendies, pillages, massacres et épidémies
ravagèrent à de nombreuses reprises la belle cité mosane.
La culture de la vigne, jadis si prospère (500.000 litres de Briolet par an), périclite suite à ces multiples invasions et les vignerons hutois ne sont
malheureusement plus légion de nos jours.
En 1715, le Traité de la Barrière ordonne la destruction du Tchestia, fleuron de l'architecture militaire européenne. Mais heureux d'être débarrassés de la cause de tous
leurs malheurs, les Hutois s'employèrent à démonter leur château pierre par pierre. Durant un siècle, le piton rocheux demeura vierge de toute construction.
Ce n'est que le 6 avril 1818 qu'est posée la première
pierre du fort actuel, qui ne servit jamais de position d'attaque, mais connut les souffrances de nombreux militaires pendant les deux premiers conflits mondiaux de ce XXe siècle.
Huy peut enfin respirer et c'est
encore l'essor des activités comme la papeterie, l'orfèvrerie et plus tard l'industrialisation, qui permit, au XIXe siècle, à plusieurs familles hutoises de connaître la fortune (citons les Delloye, les Godin),
surnommant d'ailleurs Huy " La Ville aux Millionnaires ".
Au pays nouveau qui naquit en 1830, la Ville de Huy offrit un des siens en la personne de Joseph Lebeau.
Si la crise actuelle n'épargne
pas la ville de Huy et ses anciennes industries, la production de pièces en étain reste un des fleurons de l'artisanat local et s'exporte internationalement.
Mais Huy a su s'adapter et le tourisme est devenu un
des points forts de la cité. Monuments historiques, sites naturels d'une rare beauté, édifices religieux et architecture civile attendent les visiteurs, nombreux à se presser aux portes de Huy.  |