|
|
|
Pourquoi un Service Prévention à Huy ? Au lendemain des grandes affaires judiciaires qui ont émaillé les années ’80 en Belgique, le pouvoir politique a
décidé de remettre les pendules à l’heure et d’entamer une vaste réforme. Des services policiers (où les conflits d’intérêt entre gendarmerie et polices communales ont fait capoter nombre de dossiers), appareil judiciaire
lacunaire,… ; il était temps de (ré)agir. Parce que la proximité et la présence sur le terrain engendrent généralement une approche plus constructive, la Ville de Huy a décidé d’envisager le problème d’une manière plus globale.
Les différents acteurs sociaux se sont donc réunis afin de dégager les besoins et les grandes lignes de travail à mener en matière de prévention sur le territoire hutois. En 1993, la cité mosane se voit accorder une subvention de
6.665.400 BEF (166.635 euros) afin de développer et enfin concrétiser le projet qui débouche sur la création du Service Communal de Prévention (S.C.P.), basé d’emblée dans le bâtiment communal sis au n°2 de la rue de la Résistance.
Les tâches dévolues au S.C.P. offrent plusieurs facettes. Un certain nombre de caractéristiques liées aux quartiers citadins et périphériques à problèmes sont partout identiques: la vétusté des habitations, un taux de chômage
relativement élevé, des problèmes d’absentéisme scolaire pour certains des jeunes, des nuisances et un sentiment d’insécurité. Des conditions de vie difficiles, manque de perspectives d’amélioration, sans avenir. Une situation
familiale déchirée, le séchage des cours et l’échec scolaire, aucune possibilité d’emploi, un style de vie isolé, des contacts permanents avec les services policiers et la justice constituent autant de problèmes très souvent
rencontrés par nos jeunes. Envoyer davantage de policiers sur le terrain ne constitue pas toujours la meilleure solution. L’action se situant malgré tout sur le terrain, de nouveaux intervenants ont débarqué. Des éducateurs de
rue ont ainsi été engagés afin de mener des actions dans certains quartiers ciblés à Huy et dans le centre ville. Ils interviennent ainsi sur base de prérogatives édictées par le Ministère de l’Intérieur dans le cadre du Contrat de
Prévention Concrètement, sur le terrain… Pour certains des quartiers déterminés, des comités fonctionnent et le travail des éducateurs se résume alors à lui apporter le soutien logistique nécessaire pour mener à bien les
activités entreprises, en suggérant des idées d’animation pouvant réunir le plus grand nombre d’habitants du quartier. Sur d’autres sites, le travail vise à faciliter le contact entre les habitants, à être un relais efficace vers
d’autres services sociaux concernés par les différents problèmes soulevés. Ailleurs encore, l’intervention de l’éducateur vise des groupes de jeunes en leur proposant diverses animations répondant à leur demande ou encore en
tentant de faciliter les échanges intergénérationnels. Il peut arriver que l’éducateur intervienne dans un quartier non ciblé au départ, mais dans lequel une intervention est nécessaire pour tenter de résoudre les conflits de
voisinage souvent provoqués par des jeunes plus désœuvrés. La gestion équitable des infrastructures sportives ou sociales (terrains de sport, maisons de quartier,…) est, elle aussi, un des aspects essentiels du travail mené.
Soucieuse de mener une politique cohérente et efficace face à la problématique de l’exclusion, la Ville de Huy, dès 1993, s’est dotée d’un Service Prévention qui aborde et traite nombre de missions (toxicomanie, petite délinquance,
travail dans les quartiers à risques et sensibles,…) Les différents Services preoposé par le S.C.P. sont : SAT (Structure d’Accueil des Toxicomanes) S’il est difficile à cerner, le phénomène de la toxicomanie existe
bel et bien. Pour traiter, c’est-à-dire écouter, informer, soutenir, orienter les toxicomanes, la SAT a été créée en 1995. Sous ce sigle se cache la Structure d’Accueil des Toxicomanes. Avec quelque 12.000 élèves fréquentant les
établissements scolaires hutois chaque jour, la population « à risques » n’est pas négligeable. Les diverses actions de sensibilisation auprès des étudiants ne sont qu’une partie des missions assignées à la SAT. Outre
l’information, celle-ci propose un suivi psychologique aux toxicomanies, les aide dans leurs démarches administratives ou encore de (ré)orientation vers les services et centres ad hoc. Educateurs de rues Parce que les conflits
de voisinage, le vandalisme, le décrochage scolaire, la petite délinquance ne doivent rien à la fatalité, toute forme de dialogue, de conciliation est à privilégier. Acteurs de terrain et véritables relais entre le citoyen et le
pouvoir communal, les éducateurs de rue, placés sous l’égide du Service Prévention, œuvrent à la mise en place d’espaces-lieux et d’espaces-temps permettant de rencontrer la population (et ainsi favoriser les relations entre
voisins), de l’écouter et répondre au mieux aux desiderata ainsi formulés par chacun, aux attentes et aux difficultés émises par les citoyens. APS (agents de prévention et de sécurité) Véritable révolution dans le domaine de la
prévention, ils font désormais partie intégrante du paysage hutois. « Ils », ce sont les APS, assistants de prévention et de sécurité. Vêtus de mauve, ils sont connus de tous les usagers (tant automobilistes que piétons) de la cité
mosane. Au départ de leur local sis avenue Delchambre, ils sillonnent les rues hutoises afin d’accomplir leurs missions aux multiples facettes (faciliter et sécuriser la sortie des écoles, surveiller les parkings, présence lors de
diverses manifestations, prévention des vols et dégradations de véhicules, limiter la détérioration d’espaces publics). SemPa (service d’encadrement des mesures Promotion Peines alternatives) Bien qu’ayant changé de
sigle, ce service n’a guère modifié ses missions. Et ce , même si les TIG (travaux d’intérêt général) ont laissé place aux peines de travail. Le principe demeure cependant. Dans nombre de cas, le Parquet propose au condamné de muer
sa peine en heures de travail, histoire de désengorger les prisons. Sous l’égide d’un assistant de justice, la personne est alors prise en charge par le SemPa (service d’encadrement des mesures des peines alternatives). Celui-ci
assistera et aiguillera le prévenu dans la recherche d’un poste où prester les heures en question, en fonction de ses disponibilités extra-professionnelles, de ses capacités, de sa formation. C’est également le SemPa qui se charge
du suivi et veille au respect du « contrat » scellé avec la personne condamnée
|